Le Mot de la Présidente et  créatrice du Forum Changer d’Ère,
Véronique Anger-de Friberg

VA Mot Présidente


« Bonjour à tous, merci d’être venus nombreux pour assister à cette 7ème édition du Forum Changer d’Ère, intitulée « La Conquête », placée sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République.

Permettez-moi tout d’abord de remercier Bruno Maquart, Président d’Universcience, qui accueille notre Forum à la Cité des sciences et de l’industrie et au Palais de la découverte depuis 2013.

Je tiens également à remercier les Partenaires de cette édition#7, qui nous permettent de réaliser cet événement en totale liberté : Universcience, Société Générale, Total, Biotics, Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, Accor, Mazars, Triple C et notre partenaire Média La Tribune.

Merci aux Parrains du FCE. J’aimerais citer en particulier le Pr Henri Atlan et Roger Sue, qui n’ont manqué aucune édition, et bien sûr Joël de Rosnay : sans son précieux soutien et son amitié ce forum n’aurait tout simplement pas pu voir le jour.

Enfin, un grand « Merci ! » à mon ami Eloi Choplin de l’agence de communication Triple C, qui relèvera aujourd’hui le double défi de présenter toute cette journée, en plus d’accueillir une quinzaine d’invités dans son émission « Le RV des Futurs » réalisée en direct du FCE à la Cité des sciences ! Deux heures de plateau non stop, bravo, sacré challenge !

POURQUOI CE THÈME : « LA CONQUÊTE » ? La révolution numérique fait émerger un monde nouveau… un nouveau terrain de conquête. Permettez-moi de citer un grand artiste, grand observateur et explorateur de la vie, Charlie Chaplin  pour illustrer notre thème : « Il faut tendre vers l’impossible : les grands exploits à travers l’Histoire ont été la conquête de ce qui semblait impossible ».

Avec une 50aine de personnalités inspirantes issues de toutes les disciplines et générations, nous allons décliner ce thème de « La Conquête » au sens positif et dans tous les sens du terme tout au long de la journée :

C’est quoi l’esprit de conquête au XXIème siècle et quelles sont les grandes conquêtes à venir (économiques, scientifiques, sociales, artistiques, intellectuelles…) ? Comment penser l’économie, la société, la science, au service de l’humain et du progrès, à l’ère des nanotechnologies, des biotechnologies, de l’IA et des sciences cognitives, et dans le contexte de la quête de pouvoir des « licornes », ces géants du numérique valorisés des milliards de dollars (seulement 13 « Licornes » en France pour 450 dans le monde, dont une majorité en Chine et aux USA) ?

Qui sont les nouveaux conquérants aujourd’hui et quelles sont leurs armes ? Les Etats-Nations… aux frontières et moyens limités sont-ils toujours des conquérants face aux nouveaux Barbares du numérique, ces entreprises-Etats sans frontières, dont les clients sont partout dans le monde, qui disposent de leur propre système de retraite, de sécurité, de leur propre culture et sont souvent plus riches que certains États ?

De quelles armes disposent les entreprises qui partent à la conquête de nouveaux publics, de nouveaux marchés, et qui doivent faire face à une concurrence de plus en plus mondialisée alors que leur marché est parfois local ?

Quelles sont les armes des individus qui doivent conquérir leur place dans ce nouveau monde hyper individualiste, en mutation permanente, et s’organiser en contre-pouvoirs pour survivre dans le farwest des plateformes numériques ? Comment lutter contre la conquête des esprits par les GAFAMA, BATX (Baidu, ALibaba, Tencent, Xiami) & NATU (Netflix, AirBnB, Tesla, Uber) ?

Si nous pensons que la conquête c’est aussi tendre vers l’impossible… pour le meilleur, il doit être possible de créer un nouveau monde sans détruire l’ancien. Mais quel nouveau monde voulons-nous ? Quand « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » mettait en garde Antonio Gramsci.

Et s’il était possible d’en finir avec cette idée de conquête qui détruit et accapare, qui cherche à prendre comme au temps des Conquistadors. Peut-on être conquérant avec les autres plutôt que contre les autres ?

Faisons nôtre ce conseil de Montesquieu (1689-1755) : « C’est à un conquérant de réparer une partie des maux qu’il fait » qui définissait ainsi le droit de conquête : « Un droit nécessaire, légitime et malheureux qui laisse toujours à payer une dette immense, pour s’acquitter envers la nature humaine ».

Alors, comment écrire, ensemble, un nouveau récit commun, comment donner du sens à l’humain, et le sens du commun -de la chose publique- dans cette société digitale en construction ? Comment remettre plus d’intelligence et d’éthique collectives dans nos sociétés et dans les entreprises ?

Puissions-nous, dans notre quête d’un nouveau monde ne pas oublier cette notion essentielle d’altérité, valoriser l’intérêt général, l’esprit public. En d’autres termes, redonnons sa place à l’autre, à la fraternité.

Merci, bon Forum ! »